AMAP
de la Goutte d’Eau

Lettre de lien décembre 2015

vendredi 11 décembre 2015 par Francine

Première lettre d’une saison commencée sur les chapeaux de roue, comme tous les ans. C’est la période où il faut tout gérer en même temps, la valse récolte/emballage/expédition ne laisse aucun répit, il faut être bien présent et disponible pour tout et tous et également toujours dans l’anticipation.

Première lettre et la saison des clémentines ... est déjà près de se terminer. La plus courte, rognée par les 2 bouts, de mes 22 ans parmi les agrumes. La chance a été avec nous : on se souviendra du crû 2015 pour ses très bonnes clémentines et un beau temps quasi persistant pendant la cueillette qui n’a jusqu’à aujourd’hui quasiment jamais été arrêtée par la pluie. Chantier facile pour les cueilleurs, la première gelée du petit matin était pour aujourd’hui 11 décembre, très fugace et remplacée par un beau soleil.

L’été 2015 a été très chaud en Corse comme partout. Avec comme bonus pour nous la chance de n’avoir pas souffert du manque d’eau. Quelques orages bienvenus en août puis septembre ont permis aux fruits de grossir. Puis déluge le 1er octobre et le verger de Renaud Dumont s’est retrouvé intégralement les pieds dans l’eau (encore une fois cette année) ce qui a clôturé définitivement la période du manque. Un énorme stress pendant les quelques heures où le verger était inaccessible. Coup de bol encore cette fois, l’eau n’a pas provoqué de dégâts structurels sur le verger car elle n’a pas déferlé donc pas d’arbres couchés ou arrachés, de tuyaux d’irrigation emportés, pas non plus d’encombrants laissés par le reflux qu’il faut ensuite évacuer. Le temps pour la boue de sécher et tout a repris normalement.

Normalement ? Oui, les températures d’octobre étaient encore chaudes pour la saison et la végétation n’a pas eu d’arrêt. Début novembre pareil, fin novembre toujours, début décembre encore. Finalement ce n’était pas si normal ... mais on en a bien profité ! Les arbres notamment. Et c’est ce qui a "fait notre récolte".

Comment "se fait" - ou pas - une récolte ?

2015, "petite année" car suivant une année de grosse récolte ET une tempête mémorable en mars qui a partiellement effeuillé le verger d’agrumes. Les clémentines comme les autres agrumes d’ailleurs n’ont pas formé de grappes. Il a fallu vraiment attendre qu’elles grossissent pour qu’on commence à voir du fruit sur les arbres. Pas de risque de surcharge. Fin septembre les fourches qui servent à étayer les branches au bord de la rupture étaient toujours rangées.

Sauf que, eau + chaleur réunis + soleil et tout est là pour que des arbres à feuille persistantes continuent à faire de la photosynthèse à plein régime. Ils n’ont jamais cessé d’alimenter leurs fruits. Qui ont grossi, grossi, et grossissent encore en ce début décembre (mais çà on était loin de s’en douter en octobre). Grossi et gagné en sucre, en composés aromatiques et en précocité.

Le manque de froid la nuit a bloqué le changement de coloration des clémentines qui sont restées vertes très longtemps. Nous avons commencé la récolte des clémentines exceptionnellement tardivement. Parce qu’elles n’avait pas l’air mûres.

Mais leur maturité interne, elle, était beaucoup plus avancée. Ce qui signifie qu’une bonne part de leur période d’optimum de conservation était déjà derrière avant même le début de la cueillette. C’était déjà des clémentines de fin de saison. Lorsque tout pépin climatique (pluies à répétition, gelées matinales à répétition, gros coup de vent) entraine immédiatement des pertes monumentales car il faut alors trier pour supprimer (ils ne sont hélas pas tous repérables) les fruits qui ne tiennent pas et rattraper autant que possible la qualité.

Pour rajouter du piquant nous sommes passés par 12 jours de grève des ferries de la SNCM (lesquels assurent les traversées de Bastia vers Marseille en alternance avec la CMN). Constamment nous sommes allés à la pêche aux nouvelles et avons vécu les batailles quotidiennes de notre transporteur pour négocier de la place sur la Corsica Ferries à destination de Toulon (qui n’accepte que les remorques de camion attelées avec leur tracteur car la Corsica Ferries charge/décharge ses bateaux sans avoir recours aux dockers), faire avec les camions bloqués, les surcharges d’heures des chauffeurs, etc. Au final nous avons eu 2 traversées annulées ... mais la possibilité de faire partir plus de volume le lendemain. Les produits alimentaires sont prioritaires en cas de grève.

Nous avons eu conscience depuis le début de la récolte qu’on travaillait sans filet et qu’il fallait aller vite pour sauver les clémentines. Et le temps a tenu, le climat n’a pas repris ce qu’il nous a offert ! 2015 reste une petite année de récolte de clémentines mais a déjà largement dépassé nos premières estimations.

J’espère qu’elle régale vos papilles !

Bien cordialement,

Brigitte Etcheber


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