AMAP
de la Goutte d’Eau

Les vergers de Bertrand en fleurs

Ou comment cultiver des pommes bio

vendredi 2 mai 2008 par Francine

C’était la seule étape, avec la cueillette, qui manquait à notre connaissance. Voilà que l’on n’ignore plus rien maintenant de la beauté des vergers en fleurs et du travail que cela occasionne à l’arboriculteur.

" Quand j’arrive dans ma ferme, je suis heureux, je suis bien ici, moi" dit Bertrand et comme on le comprend !

Quelques infos complémentaires par rapport à ce que l’on a déjà appris ici ou encore ici ou bien

Le désherbage

Un gros travail ! Bertrand utilise le rotavator pour pratiquer un désherbage "sandwich" qui permet aux auxiliaires de trouver refuge et nourriture dans les bandes restées enherbées voire même contenant des ronces et des orties. Lorsque ce travail sera fait, il lui faudra encore de temps en temps passer la tondeuse sur les bandes enherbées des allées et maintenir ronces et orties à des hauteurs raisonnables pour que les cueilleurs ne désespèrent pas !

L’éclaircissage

Bertrand explique cette année que l’Anthonome n’est pas très présent à cause du froid sans doute. Du coup, le travail d’éclaircissage va être plus important puisque l’animal n’a pas détruit beaucoup de fruits.

  • S’il y a beaucoup de pépins dans une pomme, il faut éclaircir. Cela parait étrange mais on dit qu’il ne faut garder que 80 fruits par arbre. Bertrand préfère dire : "800 pépins par arbre" ! Il lui faut donc surveiller la fécondation des fleurs et contrôler la teneur en pépins. Cette année, il y en a beaucoup donc Bertrand devra éclaircir, supprimer des fleurs, supprimer des branches. Un moyen radical : supprimer des branches, même grosses. Bertrand taille toute l’année.

Un moyen plus délicat : supprimer les fleurs qui s’ouvrent après la fleur centrale sur chaque bouquet et pour cela pincer chaque pédoncule vers la moitié pour éviter des blessures qui laisseraient pénétrer les maladies.

  • Quelques précisions sur la fécondation des fleurs.

Bertrand accueille toujours les ruches de Denis Benoît, installe toujours des petites maisons pour les mésanges et d’une manière générale, réfléchit toujours au moyen d’accueillir et de protéger dans ses vergers le plus possible d’auxiliaires dont les bourdons qui sont de très bons pollinisateurs. La fécondation s’étale sur un laps de temps très court d’environ 5 jours, cette année du 23 au 28 avril, la référence étant la pollinisation de la Golden.

Une bonne pollinisation se fait lorsque du pollen de plusieurs sortes de pommiers arrive sur chaque fleur. L’abeille, en bonne ouvrière consciencieuse qu’elle est passe d’une fleur à la suivante, d’un arbre au suivant, ne quittant un endroit que lorsqu’elle a visité toutes les fleurs ( ou presque). Elle ne participe donc pas à la diversité des pollens mais son travail de pollinisation n’en est pas moins important et primordial.

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Le bourdon, lui, agit comme un chien fou, se posant sur une fleur, déposant au passage un paquet de pollens accrochés à ses grosses pattes puis filant comme un bolide trois rangées plus loin, puis encore plus loin, mélangeant de ce fait à merveille divers pollens sur la même fleur.

Une chance pour Bertrand et ses pommiers : Les bourdons sont nombreux cette année. Bertrand en a vu un nid dans un fossé. D’autres insectes comme le syrphe participent aussi à la pollinisation et ça chante et ça bourdonne et ça siffle dans les vergers !

- Après la pollinisation Bertrand se lance cette année dans une expérience qu’il est seul à tenter en Maine et Loire : installer des filets hermétiques autour de ses arbres. Dans le but d’éviter toute infestation par les insectes comme l’anthonome ou le tristement réputé zeuzère ! Il faut 5 personnes, un tracteur et un plateau pour installer et attacher ses filets au-dessus des arbres et seulement quelques instants pour défaire chaque attache à l’aide de la perche adéquate.

Bertrand baisse les filets dès que la pollinisation est terminée en faisant bien attention de ne pas enfermer des abeilles et pour cela, il travaille de bon matin, avant l’arrivée des butineuses ou le soir lorsqu’elles sont rentrées à la ruche. Il ne relèvera les filets qu’au moment de la cueillette.

La cueillette

Elle se situe entre le 20 août et fin octobre. Les cueilleurs, une dizaine, cueillent environ 24 tonnes de pommes en deux jours, pommes qui sont stockées dans des pallox en bois de 300 kg. Bertrand la propose à sa famille pendant deux fins de semaines et une autre fois aux voisins et amis.

"Après l’effort, le réconfort" dit-on Ce n’est pas Bertrand qui contredira ce dicton, n’est-ce pas ?

La commercialisation

Les vergers de Bertrand produisent en moyenne 25t/ha, ce qui représente une production d’environ 130t/an sur ses 6 ha de vergers. Bertrand vend lui-même ses pommes à l’Amap de la Goutte d’Eau le jeudi, au marché de Beaufort le vendredi mais une partie importante de sa production est vendue dans les biocoop de la Vendée, de la Sarthe et du Maine et Loire. La grosse partie étant vendue à une coopérative qui vient chercher un camion de pommes par semaine, les met en caissettes et les commercialise.

Autres productions

Bertrand a planté cette année des myrtilles, du cassis, des framboisiers et des groseillers qui donneront des petits fruits en 2009. Production qui concernera l’Amap !

Pour voir toutes les photos de la visite, c’est ici


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